Que faire en cas d'accident entre une voiture et un vélo ?

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Mis à jour le 26 mars 2026 7 min. de lecture

Collision à un carrefour, accrochage sur un rond-point ou portière qui s’ouvre au mauvais moment : un accident voiture vélo arrive plus vite qu’on ne le pense. En 2024, 222 cyclistes ont perdu la vie sur la voie publique et 2 550 ont été gravement blessés sur les accidents de la route en France. Quels réflexes adopter, qui est responsable et comment obtenir une indemnisation accident adaptée ?

Quels sont les premiers réflexes à adopter après l’accident ?

Les minutes qui suivent un accident de la route entre un vélo et une voiture sont souvent confuses, que vous soyez cycliste ou automobiliste. Garder la tête froide et suivre quelques étapes simples peut faire toute la différence pour chaque passager et usager impliqué. Voici les démarches à réaliser dans l’ordre, ainsi que les informations utiles pour bien réagir suite à un accident.

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Les chiffres clés

93 % des Français savent faire du vélo et 44 % des foyers possèdent au moins un vélo. En 2024, les accidents de la route ont causé 222 décès de cyclistes et 2 550 blessés graves, un chiffre en forte hausse ces dernières années. Les collisions les plus fréquentes ont lieu aux carrefours, aux ronds-points et lors de l’ouverture d’une portière en ville.

Sécuriser les lieux et appeler les secours

Si vous êtes l’automobiliste, garez votre véhicule sur le bas-côté, coupez le contact et enclenchez vos feux de détresse. Placez votre triangle de signalisation pour prévenir un suraccident et protéger la zone. Si d’autres personnes sont présentes, demandez-leur d’aider à réguler la circulation sur la voie publique.

Les gestes à effectuer en priorité :

  • Se garer sur le bas-côté, couper le contact, allumer les feux de détresse
  • Placer le triangle de signalisation à distance suffisante
  • Appeler les secours au 112 en décrivant la scène avec précision
  • Ne pas déplacer le cycliste blessé ou renversé sauf danger immédiat
  • Couvrir le blessé avec une couverture de survie et rester à ses côtés

Appelez immédiatement les secours au 112, même si la victime semble aller bien. Décrivez précisément l’état du cycliste : douleurs, saignements, confusion ou perte de connaissance.

Si le cycliste est inconscient et respire, les services de secours vous demanderont généralement de le placer en position latérale de sécurité. S’il ne respire pas, il faudra entamer un massage cardiaque en suivant les instructions du 112. En attendant leur arrivée, couvrez le blessé avec une couverture de survie si vous en avez une et restez à ses côtés pour le rassurer.

Ne pas remonter immédiatement en selle

Ce conseil s’adresse aux cyclistes après un accrochage, même apparemment bénin. Sous le coup du stress, vous pourriez manquer de concentration et risquer un nouvel accident de voiture ou de vélo en quelques secondes. Demandez plutôt à un proche de venir vous chercher.

En vous relevant trop vite après un choc, vous envoyez aussi à l’autre partie le message que tout va bien. Or, à cet instant, vous ne pouvez pas encore évaluer votre état de santé réel. Prenez le temps de vérifier que tout fonctionne avant de bouger.

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Le conseil d’expert

Après une chute, votre oreille interne peut être perturbée par le choc, et un traumatisme crânien n’est jamais à exclure. Relevez-vous doucement et restez assis quelques minutes. Si vous ressentez des vertiges ou des nausées, ne bougez plus et attendez les secours.

Comment déterminer les responsabilités ?

Après avoir sécurisé les lieux, la question de la responsabilité se pose. Qui est en tort, le cycliste ou le conducteur du véhicule ? La réponse dépend du cadre légal, des circonstances de l’accident de la route et du respect du code de la route par chacune des parties.

La loi Badinter, adoptée le 5 juillet 1985, instaure un principe de responsabilité objective qui protège les victimes d’un accident de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur. Concrètement, l’automobiliste est toujours considéré comme responsable de l’accident, sauf en cas de faute inexcusable du cycliste. Cette loi s’applique automatiquement, sans avoir à prouver la faute du conducteur de la voiture.

La faute inexcusable reste très rarement retenue par la justice. Elle désigne une faute volontaire d’une exceptionnelle gravité, comme une tentative de suicide, un état d’ivresse manifeste ou une accumulation de fautes graves commise volontairement (emprunter un sens interdit puis brûler un feu rouge avant de rouler à contresens). La faute inexcusable ne peut pas être opposée aux enfants de moins de 16 ans, aux personnes de plus de 70 ans et aux personnes invalides à 80 %.

Voici un résumé de la responsabilité et de l’indemnisation selon les situations :

SituationResponsableIndemnisation du cycliste
Accident classique vélo contre voitureL’automobiliste (loi Badinter)Dommages corporels et matériels intégralement couverts
Cycliste ayant grillé un feu rougeL’automobiliste reste responsableDommages corporels couverts, dommages matériels réduits ou supprimés
Faute inexcusable du cycliste (ivresse, suicide)Le cyclisteIndemnisation réduite ou supprimée
Accident dans un parking contre une voiture à l’arrêtLe cyclisteAucune indemnisation par l’assurance de l’automobiliste
Accident avec un VAE (limité à 25 km/h)L’automobilisteMêmes règles qu’un vélo classique

Quelles sont les règles du code de la route ?

Le conducteur d’un véhicule motorisé (voiture, moto ou trottinette) a une obligation de conduite prudente envers les usagers vulnérables comme les piétons et les cyclistes. Un automobiliste qui manque à cette vigilance aux intersections et cause des blessures graves risque une condamnation pouvant aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. La loi impose aussi des distances de dépassement à respecter : au moins 1 mètre en agglomération et 1,50 mètre hors agglomération.

Du côté du cycliste, le non-respect du code de la route (feu rouge grillé, circulation à contresens, absence d’éclairage) n’est pas considéré comme une faute inexcusable. Même si le cycliste a commis une infraction, il sera indemnisé pour ses dommages corporels grâce à la loi Badinter. En revanche, cette faute peut réduire ou supprimer l’indemnisation de ses dommages matériels, et la responsabilité civile du cycliste pourra être engagée.

Pour en savoir plus sur les infractions courantes des cyclistes, consultez notre guide dédié.

Les sanctions diffèrent selon la partie en tort :

Partie sanctionnéeExemples d’infractionsSanctions possibles
AutomobilisteNon-respect d’une priorité, dépassement dangereux, ouverture de portière sans précaution, vitesse excessiveAmende, retrait de points, suspension de permis, sanctions pénales alourdies si blessures graves
CyclisteFeu rouge grillé, circulation sur le trottoir, absence d’éclairage la nuit, usage du téléphone en roulantAmende

Comment fonctionne le constat amiable ?

Le constat d’accident est le document qui permet d’établir les circonstances de l’accident et le niveau de responsabilité de chaque partie. Remplir un constat amiable fonctionne exactement comme pour un accident entre 2 voitures et doit se faire sur les lieux, si possible. Le recto se complète avec les 2 parties, qui le signent ensemble, tandis que le verso se remplit seul ensuite.

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Bon à savoir

Gardez toujours un exemplaire de constat dans votre véhicule ou sur vous si vous êtes cycliste. Si vous n’avez pas le document papier, téléchargez l’application e-constat auto, disponible gratuitement sur tous les stores. Votre assureur peut aussi vous fournir un constat européen d’accident sur simple demande.

N’hésitez jamais à insister pour remplir un constat amiable, même si l’accrochage vous semble bénin. Sur le moment, vous ne pouvez pas évaluer l’étendue réelle des dégâts subis, que ce soit sur votre vélo ou sur votre propre état de santé. La plupart des usagers de la route ignorent que les cyclistes ont le même droit au constat que les automobilistes.

En cas de refus de la partie adverse, inscrivez-le dans la partie “Observations” du constat et rassemblez un maximum de preuves :

  • Photos de la scène, des dégâts et de la plaque d’immatriculation
  • Coordonnées de témoins présents
  • Nom, adresse et assureur de l’autre partie
  • Vidéos issues d’une caméra embarquée si vous en possédez une

Même sans constat signé par les 2 parties, déclarez toujours le sinistre à votre assureur. Le refus de signer un constat amiable n’est pas un délit de fuite tant que le conducteur s’arrête et fournit ses éléments d’identification.

Quels sont les dommages matériels et corporels possibles ?

Un accident de vélo contre une voiture peut engendrer des dégâts très variés, allant du simple guidon tordu à des blessures corporelles sérieuses. L’évaluation précise de ces dommages conditionne directement votre indemnisation, alors autant ne rien laisser au hasard.

Les scénarios les plus fréquents sur la route :

  • Collision à la sortie d’un carrefour, d’un virage ou d’un rond-point
  • Emportiérage : une portière qui s’ouvre sur le passage du cycliste en ville
  • Collision par l’arrière lors d’un dépassement sur route de campagne
  • Véhicule qui recule pour sortir d’une place de parking
  • Cycliste à l’arrêt percuté par un véhicule tournant dans son angle mort

Connaître ces situations aide à mieux constituer son dossier et à décrire les circonstances avec précision dans le constat.

Comment évaluer les dégâts matériels ?

Votre vélo a une roue voilée, un cadre fissuré ou un dérailleur cassé ? La première chose à faire est de prendre des photos détaillées de tous les dommages constatés, sans rien déplacer ni réparer.

Voici tous les éléments à documenter pour constituer votre dossier :

  • Le vélo : cadre, roues, freins, dérailleur, guidon, selle
  • Les accessoires : éclairages, antivol, sonnette, porte-bagages
  • Les équipements personnels : casque, vêtements, chaussures, sacs ou sacoches
  • L’environnement : traces au sol, position du véhicule, signalisation

Pour chiffrer le préjudice et évaluer le coût de la réparation, demandez un ou plusieurs devis à des vélocistes. Un expert peut également être mandaté par l’assurance pour constater les dommages. Dans ce cas, immobilisez votre vélo et n’engagez aucune réparation avant le passage de l’expert.

Si vous n’êtes pas responsable de l’accident, les dommages matériels seront intégralement pris en charge par l’assurance responsabilité civile du conducteur fautif. En revanche, si vous avez commis une faute de circulation (même une simple imprudence), l’indemnisation matérielle peut être réduite, voire supprimée.

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Bon à savoir

Pour les dommages matériels seuls, votre assurance peut appliquer un seuil d’intervention en dessous duquel elle ne traitera pas directement le dossier. Ce n’est pas une franchise : votre assureur vous accompagnera dans la démarche, mais ce sera à vous de traiter avec la partie adverse.

Une assurance vélo peut compléter votre couverture pour ce type de préjudice matériel.

Quels soins pour les blessures corporelles ?

Même pour un accrochage apparemment sans gravité, une visite de contrôle chez le médecin est vivement recommandée. Certaines lésions ne sont pas visibles immédiatement : un traumatisme crânien, un choc aux cervicales ou à l’abdomen peut se révéler grave. Des examens à l’hôpital sont alors nécessaires pour détecter d’éventuelles séquelles ou lésions internes.

Voici les bons réflexes selon la gravité de la situation :

  • Pas de blessure apparente : consultez tout de même votre médecin traitant et demandez un certificat médical
  • Égratignures ou douleurs légères : rendez-vous chez votre médecin pour une auscultation
  • Choc violent ou chute importante : direction les urgences de l’hôpital pour des examens approfondis
  • Impossibilité de se relever : appelez les secours (112 ou 18) ou demandez aux passants de le faire
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Le conseil d’expert

Demandez toujours un certificat médical, même si vous pensez n’avoir rien. Certaines douleurs ne se manifestent que plusieurs jours, voire plusieurs mois après le choc. Ce document sera votre meilleur allié en cas de procédure contentieuse ou d’expertise médicale ultérieure.

Pensez aussi à contacter votre Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) et votre mutuelle pour que vos frais médicaux soient bien pris en charge. En cas de dommage corporel avec ou sans incapacité temporaire de travail (ITT), vous avez le droit de vous faire intégralement rembourser. Si l’accident entraîne des séquelles et que vous avez souscrit une garantie accidents de la vie, effectuez une déclaration de sinistre auprès de votre assureur.

Type de dommagePrise en chargeOrganisme concerné
Frais médicaux (consultations, hospitalisation)Remboursement selon barèmeCPAM + mutuelle complémentaire
Dommages corporels (cycliste non fautif)Indemnisation intégraleAssurance RC auto de l’automobiliste
ITT (arrêt de travail)Indemnisation des revenus perdusAssurance de l’automobiliste + Sécurité sociale
Séquelles ou lésions durablesIndemnisation après expertise médicaleGarantie accidents de la vie (si souscrite)
Dommages corporels (cycliste fautif inexcusable)Indemnisation réduite ou suppriméeCPAM + mutuelle pour les frais médicaux uniquement

Quel rôle joue l’assurance dans ces accidents ?

L’assurance est au cœur du processus d’indemnisation après un accident entre un vélo et une voiture. Selon que vous êtes cycliste ou automobiliste, et selon la responsabilité de chacun, ce n’est pas la même garantie qui entre en jeu. Comprendre ce mécanisme vous évitera bien des surprises.

Comment déclarer un accident à son assureur ?

Vous disposez en général de 5 jours ouvrés après l’accident pour déclarer un sinistre à votre assureur. Cette déclaration peut se faire par téléphone, en ligne depuis votre espace client ou par lettre recommandée avec accusé de réception.

Voici les documents à fournir lors de la déclaration :

  • Le constat amiable rempli et signé
  • Les coordonnées de l’autre partie impliquée
  • La plaque d’immatriculation du véhicule
  • Le procès-verbal de police ou de gendarmerie (si les forces de l’ordre sont intervenues)
  • Les témoignages recueillis
  • Les photos prises sur la scène de l’accident

Ne tardez pas à prendre contact avec votre assurance, même si vous hésitez sur la marche à suivre. Votre assureur vous délivrera des conseils personnalisés et instruira votre dossier. Un expert pourra être mandaté pour évaluer les dommages, aussi bien matériels que corporels.

ÉtapeDélaiAction à réaliser
Jour de l’accidentImmédiatRemplir un constat amiable, prendre des photos, récupérer les coordonnées
Dans les 5 jours ouvrésAvant le 5e jourDéclarer un sinistre à votre assureur avec les pièces justificatives
Après la déclarationVariablePassage éventuel d’un expert mandaté par l’assurance
Suite à l’expertiseQuelques semaines à plusieurs moisRéception de la proposition d’indemnisation

Quels sont les délais pour l’indemnisation ?

Les délais varient selon la nature des dommages et la complexité du dossier. Pour les dommages matériels, le traitement est généralement plus rapide que pour les préjudices corporels, qui nécessitent souvent une expertise médicale pouvant s’étendre sur plusieurs mois.

Voici un récapitulatif des assurances qui interviennent selon les cas :

SituationAssurance concernée
Cycliste blessé (automobiliste responsable)Garantie responsabilité civile de l’assurance auto du conducteur
Cycliste responsable (faute inexcusable)RC de l’assurance habitation ou auto du cycliste
Véhicule de l’automobiliste endommagé (automobiliste en tort)Son assurance auto tous risques
Véhicule de l’automobiliste endommagé (cycliste en tort)RC du cycliste
Partie adverse non assurée ou délit de fuiteFGAO (Fonds de garantie des assurances obligatoires)

Si l’automobiliste est responsable, ses dommages ne sont couverts que s’il a souscrit une assurance auto tous risques ou une garantie accidents corporels du conducteur. Avec une assurance au tiers, il ne sera pas indemnisé pour ses propres préjudices : pensez à vérifier les garanties de votre contrat. Côté cycliste victime, la loi Badinter garantit la prise en charge intégrale des dommages corporels par l’assurance de l’automobiliste.

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Bon à savoir

En cas de délit de fuite ou si la partie adverse n’est pas assurée, le FGAO (Fonds de garantie des assurances obligatoires) peut intervenir pour vous indemniser, que vos dommages soient corporels ou matériels. Contactez immédiatement la police ou la gendarmerie pour qu’un procès-verbal soit établi : ce document facilitera vos démarches auprès du fonds. L’indemnisation accident par le FGAO peut prendre plusieurs mois, mais elle couvre l’ensemble des préjudices subis.

Comment gérer un accident avec un vélo électrique ?

Avec l’essor des vélos à assistance électrique VAE, les accidents impliquant ce mode de déplacement se multiplient fortement. Mais attention, tous les vélos électriques ne sont pas logés à la même enseigne en matière de responsabilité et d’assurance. La distinction repose sur le type de motorisation.

Quelles différences avec un vélo classique ?

La loi distingue 2 catégories de vélos électriques, et cette différence change tout :

  • Le vélo à assistance électrique (VAE) : son moteur est limité à 25 km/h et s’arrête dès que le cycliste ne pédale plus. Il est traité exactement comme un vélo classique. La loi Badinter s’applique, et le cycliste bénéficie de la même protection en cas d’accident avec une voiture.
  • Le vélo électrique autonome : il avance même sans pédaler. Ce type de vélo est considéré comme un véhicule terrestre à moteur, au même titre qu’un cyclomoteur. La faute de son conducteur peut donc limiter son droit à indemnisation en cas de collision avec une voiture.

La nuance est loin d’être anodine. Si vous roulez avec un VAE et qu’un automobiliste vous percute, vos droits sont identiques à ceux d’un cycliste sur un vélo classique. En revanche, avec un vélo électrique autonome, les règles changent radicalement.

Pour mieux comprendre cette distinction, consultez notre article sur la réglementation des vélos électriques.

Quels sont les impacts sur l’assurance ?

Pour un VAE, la couverture est la même que pour un vélo classique : votre responsabilité civile, généralement incluse dans votre assurance habitation, suffit. Souscrire une assurance vélo complémentaire reste toutefois recommandé pour couvrir le vol ou les dommages matériels sur votre vélo.

Pour un vélo électrique autonome (qui se propulse seul), la donne est différente. Vous devez obligatoirement souscrire une assurance responsabilité civile dédiée, comme pour tout véhicule motorisé (article L211-1 du code des assurances). Sans cette assurance, vous roulez dans l’illégalité et vous ne serez pas couvert en cas d’accident : prenez le temps de choisir une offre adaptée à votre besoin.

Type de véloAssurance obligatoireProtection loi Badinter
Vélo classiqueNon (RC habitation suffit)Oui, protection complète
VAE (moteur limité à 25 km/h)Non (RC habitation suffit)Oui, protection complète
Vélo électrique autonome (automoteur)Oui (assurance RC spécifique)Non, la faute peut limiter l’indemnisation

Quels recours en cas de désaccord avec l’automobiliste ?

L’accident est passé, le constat est rempli, mais la partie adverse conteste sa responsabilité ou votre assureur refuse votre indemnisation. Ce genre de situation, aussi frustrante soit-elle, n’est pas une impasse. Plusieurs recours existent pour faire valoir vos droits.

Voici les options à votre disposition, de la plus simple à la plus engagée :

  • Contacter votre assureur pour demander un réexamen du dossier
  • Saisir la Médiation de l’assurance (gratuit)
  • Faire appel à une association d’aide aux victimes comme l’AIVF
  • Activer votre garantie protection juridique si elle figure dans votre contrat
  • Consulter un professionnel du droit spécialisé en accidents de la circulation
  • Engager une procédure judiciaire en dernier recours

Avoir des preuves solides fait toute la différence pour ne pas tomber dans un scénario “sa parole contre la vôtre”. Les photos, vidéos, témoignages et images de caméras de surveillance (magasins à proximité, caméras publiques) sont autant d’éléments qui renforceront votre dossier. Sans preuve, l’indemnisation des dommages matériels devient très difficile à obtenir, et les avis divergent rapidement entre les 2 parties.

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Le conseil d’expert

Si vous êtes cycliste régulier, équipez-vous d’une caméra embarquée qui tourne en permanence. Les images prises au moment de l’impact peuvent s’avérer décisives pour un dépôt de plainte. En cas de procédure, mettez les images sur une clé USB et venez avec de quoi les lire, car les ordinateurs des commissariats ne le permettent pas toujours.

Quand faire appel à un médiateur ?

Avant d’envisager un procès, la médiation est une option accessible et gratuite. Vous pouvez saisir la Médiation de l’assurance, une association qui assiste gratuitement les particuliers en difficulté avec un assureur. Cette démarche permet souvent de débloquer un dossier sans passer par la case tribunal.

Si vous avez souscrit une assurance protection juridique, celle-ci peut aussi prendre en charge les frais liés à l’assistance d’un avocat. Vérifiez votre contrat d’assurance habitation ou auto, car cette garantie y est parfois incluse sans que vous le sachiez. Des associations d’aide aux victimes comme l’AIVF peuvent également vous accompagner dans vos démarches.

Comment engager une procédure judiciaire ?

Si la médiation ne donne rien, vous pouvez consulter un professionnel du droit spécialisé en accidents de la circulation. Cet avocat saura défendre vos intérêts et vous guider dans une procédure judiciaire. Les frais peuvent être pris en charge par votre protection juridique si vous en bénéficiez.

En cas de délit de fuite, le dépôt de plainte est la première étape : une enquête sera ouverte par les forces de l’ordre. Si l’agent de police vous oriente vers une simple main courante, insistez : une main courante ne déclenche aucune poursuite, contrairement à une plainte. En cas de refus persistant, notez le nom et le matricule du policier et adressez votre plainte directement par courrier au procureur de la République.

Pour les accidents sans atteinte physique, la pré-plainte en ligne est un dispositif qui fait gagner un temps précieux.

Comment prévenir les accidents entre cyclistes et automobilistes ?

Mieux vaut prévenir que guérir, surtout quand on partage la route entre vélos et voitures. En ville comme à la campagne, quelques réflexes simples réduisent considérablement le risque d’accident mortel. L’actualité de la sécurité routière le confirme chaque nouvelle année : renforcer la prévention reste un enjeu majeur pour tous les usagers.

Quelles sont les meilleures pratiques de sécurité à vélo ?

Se rendre visible et respecter les règles de circulation, voilà les 2 piliers de la prévention. Porter un casque (obligatoire pour les moins de 12 ans), un gilet réfléchissant et s’équiper d’un éclairage conforme sont les premiers gestes de protection. Même en plein jour, des vêtements clairs augmentent votre visibilité.

ÉquipementObligatoire ?Détail
Freins avant et arrièreOuiDoivent être en état de fonctionnement
Feu avant jaune/blancOuiAllumé la nuit ou par visibilité insuffisante
Feu arrière rougeOuiAllumé la nuit ou par visibilité insuffisante
Avertisseur sonore (sonnette)OuiAudible à 50 mètres minimum
Dispositifs réfléchissants (catadioptres)OuiÀ l’avant, à l’arrière, sur les côtés et les pédales
Gilet jaune réfléchissantOui (la nuit hors agglomération)Recommandé en toute circonstance
CasqueOui (moins de 12 ans)Fortement recommandé pour tous

Voici les bonnes pratiques à adopter à chaque trajet :

  • Respecter les feux, les stops et les priorités
  • Indiquer clairement vos changements de direction
  • Éviter de rouler dans la zone d’ouverture de portière (ne pas coller les voitures stationnées)
  • Ne jamais dépasser un camion ou un bus par la droite (zone d’angle mort)
  • Utiliser les pistes cyclables et les voies aménagées autant que possible
  • Équiper votre vélo des dispositifs obligatoires : freins, feux, sonnette, réflecteurs
  • Augmenter les distances de sécurité en cas de pluie

Évitez aussi de zigzaguer entre les véhicules et de circuler sur les trottoirs, 2 comportements qui figurent parmi les infractions courantes des cyclistes.

Comment sensibiliser les conducteurs à la sécurité des cyclistes ?

Les automobilistes ont eux aussi un rôle majeur à jouer dans la prévention des accidents, quelle que soit la région. Respecter la distance de dépassement (1 mètre en ville, 1,50 mètre hors agglomération) est une obligation légale, pas une simple recommandation. Trop d’accidents surviennent encore à cause de dépassements trop serrés.

Quelques réflexes qui sauvent des vies :

  • Vérifier systématiquement les angles morts avant de tourner ou de changer de voie
  • Ouvrir la portière côté circulation avec la main opposée (cela force à se retourner pour regarder)
  • Adapter sa vitesse à proximité des pistes cyclables et aux intersections, zones prioritaires pour les cyclistes
  • Signaler clairement chaque manœuvre avec les clignotants
  • Redoubler de vigilance aux intersections en présence d’enfants à vélo

La cohabitation entre cyclistes et automobilistes repose sur le respect mutuel et la connaissance des règles. Chacun, à son niveau, contribue à rendre les routes plus sûres pour tous les usagers.

Résumé
  • Après un accident entre un vélo et une voiture, la priorité est de sécuriser la zone, appeler les secours au 112 et ne jamais déplacer un cycliste blessé sauf danger immédiat.
  • La loi Badinter protège le cycliste en le considérant comme victime par défaut, sauf en cas de faute inexcusable comme l’ivresse ou une tentative de suicide.
  • L’automobiliste comme le cycliste disposent de 5 jours ouvrés pour déclarer le sinistre à leur assureur en fournissant le constat amiable, les photos et les témoignages.
  • Les vélos à assistance électrique VAE suivent les mêmes règles qu’un vélo classique, mais les vélos électriques autonomes sont assimilés à des véhicules motorisés avec une assurance obligatoire.

Cet article a été rédigé à titre purement informatif. Les garanties et situations décrites sont susceptibles de ne pas être incluses dans l’offre d’assurance Leocare. Pour en savoir plus sur nos produits d’assurance, nous vous invitons à consulter le détail de nos offres.

FAQ

L’assurance vélo n’est pas obligatoire pour un vélo classique ou un VAE limité à 25 km/h. Votre responsabilité civile, généralement incluse dans votre assurance habitation, suffit à couvrir les dommages causés à autrui. En revanche, si votre vélo électrique avance sans pédaler, il est considéré comme un véhicule terrestre à moteur et vous devez souscrire une assurance RC spécifique.

Notez son refus dans la partie “Observations” du constat et rassemblez un maximum de preuves par vous-même. Photographiez la scène, la plaque d’immatriculation et les dégâts, puis récupérez les coordonnées de témoins. Tant que le conducteur s’est arrêté et vous a fourni son identité, ce refus ne constitue pas un délit de fuite. Déclarez le sinistre à votre assureur dans les 5 jours ouvrés.

Oui, grâce à la loi Badinter. Le non-respect du code de la route par un cycliste n’est pas considéré comme une faute inexcusable. Ses dommages corporels seront donc pris en charge par l’assurance de l’automobiliste. En revanche, cette infraction peut réduire ou supprimer l’indemnisation de ses dommages matériels comme la réparation de son vélo ou le remplacement de ses équipements endommagés.

Si le cycliste n’a pas commis de faute inexcusable, l’assurance responsabilité civile de l’automobiliste couvre l’intégralité de ses dommages corporels. La CPAM et la mutuelle complémentaire interviennent aussi pour le remboursement des frais médicaux. En cas de dommage corporel avec incapacité temporaire de travail, le cycliste a le droit de se faire intégralement rembourser les revenus perdus pendant son arrêt.

Plusieurs options s’offrent à vous. Commencez par demander un réexamen du dossier à votre assureur, puis saisissez gratuitement la Médiation de l’assurance si le blocage persiste. Vous pouvez aussi activer votre garantie protection juridique pour bénéficier de l’assistance d’un avocat. En dernier recours, une procédure judiciaire reste possible auprès du tribunal compétent pour faire valoir vos droits.