Pneus lisses, freins usés, vies en danger : le fléau des véhicules mal entretenus
Chaque année, des milliers d’accidents auraient pu être évités avec un meilleur entretien des véhicules. Selon la Sécurité routière, près d’un accident mortel sur cinq serait lié à un véhicule mal entretenu. Pneus usés, freins défaillants, flottes d’entreprise négligées : les causes sont multiples et les conséquences parfois dramatiques. Alors, où se situe réellement le problème ? L’assurance auto Leocare fait le point.
- Près d’un accident mortel sur cinq serait lié à un véhicule mal entretenu selon la Sécurité routière, un chiffre qui concerne autant les particuliers que les professionnels.
- Les véhicules envoient des signaux d’alerte avant une défaillance grave, mais de nombreux conducteurs et gestionnaires de flotte choisissent de les ignorer.
- Le coût des réparations a bondi de plus de 25 % en cinq ans, poussant certaines entreprises à repousser l’entretien de leurs camions au maximum.
- Le contrôle technique ne suffit pas à garantir la sécurité entre deux visites, et seul un entretien régulier permet de réduire les risques sur la route.
Un constat alarmant sur les routes françaises
Début février 2026, une scène impressionnante filmée à Rouen a largement circulé sur les réseaux sociaux : un pneu de camion s’est détaché en pleine circulation, rebondissant entre plusieurs véhicules avant de percuter le pare-chocs d’une voiture. Par chance, l’incident n’a provoqué que des dégâts matériels. Mais ce type d’événement rappelle à quel point un véhicule mal entretenu peut devenir un véritable danger public.
Le chiffre avancé par la Sécurité routière est parlant : près de 20 % des accidents mortels seraient liés à un défaut d’entretien du véhicule impliqué. Ce n’est pas anodin. Cela signifie que sur cinq accidents mortels, un aurait potentiellement pu être évité si le véhicule avait été correctement révisé. On parle ici de vies humaines, pas simplement de tôle froissée.
Des signes avant-coureurs souvent ignorés
Ce qui frappe les professionnels de la réparation automobile, c’est que ces accidents ne surviennent généralement pas sans prévenir. Avant qu’une roue ne se détache ou qu’un système de freinage ne lâche, le véhicule envoie des signaux. Des vibrations inhabituelles, des claquements suspects, un bruit de frottement au freinage : autant d’alertes que les conducteurs tendent parfois à minimiser ou à repousser à plus tard.
Eric Lizak, garagiste spécialisé dans la réparation de poids lourds, le confirme auprès de TF1 : avant la perte d’une roue, les signes sont là. Vibrations, claquements, comportement anormal du véhicule. Le problème, c’est que beaucoup de conducteurs et de gestionnaires de flotte choisissent de fermer les yeux, parfois par manque de temps, parfois par souci d’économie.
Voici quelques signaux d’alerte à ne jamais négliger :
- Des vibrations anormales dans le volant ou le châssis, surtout à haute vitesse
- Des bruits de claquement ou de grincement au niveau des roues ou des freins
- Une usure visible des pneus (flancs abîmés, bande de roulement lisse)
- Un allongement de la distance de freinage
- Un voyant moteur ou un témoin de maintenance allumé sur le tableau de bord
Ignorer ces signes, c’est un peu comme entendre son détecteur de fumée sonner et décider de retirer la pile. Sur le moment, le silence est confortable, mais les conséquences peuvent être très lourdes.
Les flottes d’entreprise dans le viseur
Si les véhicules particuliers sont concernés, les professionnels de la route tirent particulièrement la sonnette d’alarme au sujet des flottes d’entreprise. Depuis une dizaine d’années, les garagistes observent une dégradation nette de l’entretien des véhicules professionnels, notamment les poids lourds.
De plus en plus d’entreprises attendent le dernier moment pour effectuer les réparations sur leurs camions. Certaines repoussent les interventions jusqu’à ce qu’une panne ou un contrôle technique les y oblige. Ce comportement, motivé par des raisons financières, met en danger non seulement les conducteurs eux-mêmes, mais aussi tous les usagers de la route.
Eric Lizak le constate au quotidien : les véhicules qui arrivent dans son atelier sont de moins en moins bien entretenus. Et quand un garagiste identifie un problème de sécurité, comme un défaut de freinage, il refuse de laisser repartir le véhicule. Cela peut créer des tensions avec le client, mais la sécurité ne se négocie pas.
Le coût des réparations, un frein bien réel
Derrière ce manque d’entretien se cache une réalité économique difficile à ignorer. Le coût des réparations automobiles a bondi de plus de 25 % en cinq ans. Pour donner une idée concrète, voici quelques exemples de tarifs actuels pour les poids lourds :
| Type de réparation | Coût approximatif |
|---|---|
| Pneu haut de gamme | 1 000 euros |
| Plaquettes de frein | 800 euros |
Face à de tels montants, on comprend que certains professionnels hésitent à engager les dépenses. Mais repousser une réparation sur un élément de sécurité comme les freins ou les pneus, c’est jouer avec le feu. Un pneu éclaté sur autoroute ou un freinage défaillant dans une descente peut transformer un simple trajet en drame.
Les garagistes se retrouvent alors dans une position délicate : ils doivent parfois convaincre leurs clients que la facture, même salée, vaut mieux que les conséquences d’un accident. Et quand la persuasion ne suffit pas, ils peuvent être amenés à immobiliser le véhicule pour des raisons de sécurité.
Le contrôle technique, un filet de sécurité insuffisant ?
En France, les obligations en matière de contrôle technique varient selon le type de véhicule :
- Les véhicules de plus de trois tonnes et demie (poids lourds, utilitaires) sont soumis à un contrôle technique annuel
- Les voitures particulières passent ce contrôle tous les deux ans
Ces contrôles permettent de détecter des défaillances et d’obliger les propriétaires à effectuer les réparations nécessaires. Mais entre deux contrôles, beaucoup de choses peuvent se dégrader. Un pneu peut s’user en quelques mois si le véhicule roule beaucoup, et des plaquettes de frein peuvent perdre leur efficacité bien avant la prochaine visite obligatoire.
Le contrôle technique reste donc un garde-fou utile, mais il ne remplace en aucun cas un entretien régulier. Attendre la date du contrôle pour se soucier de l’état de son véhicule, c’est prendre un risque inutile pendant des mois.
De bonnes habitudes à adopter au quotidien
Pour réduire les risques liés à un mauvais entretien, quelques réflexes simples peuvent faire toute la différence :
- Vérifier régulièrement la pression et l’état des pneus (au moins une fois par mois)
- Respecter les intervalles de révision recommandés par le constructeur
- Ne jamais repousser une réparation liée aux freins, à la direction ou aux pneumatiques
- Prêter attention aux bruits inhabituels et aux changements de comportement du véhicule
- Consulter un garagiste dès l’apparition d’un voyant sur le tableau de bord
Un véhicule bien entretenu, c’est avant tout un véhicule qui protège ses occupants et les autres usagers de la route. Et si la facture du garagiste peut parfois faire grimacer, elle reste toujours moins coûteuse que les conséquences d’un accident.
Cet article a été rédigé à titre purement informatif. Les garanties et situations décrites sont susceptibles de ne pas être incluses dans l’offre d’assurance Leocare. Pour en savoir plus sur nos produits d’assurance, nous vous invitons à consulter le détail de nos offres.
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