Contrôle technique : l’Europe pose les bases d’une révision majeure

Si vous pensiez que le contrôle technique de votre voiture se résumait à une formalité rapide tous les deux ans, les autorités européennes pourraient bien vous faire changer d’avis. Avec une hausse notable des contrôles observée en 2025 en France et des propositions européennes sur la table, le sujet mérite que l’on s’y attarde. L’assurance auto Leocare vous explique ce qui se prépare, et ce que cela pourrait changer pour vous.

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Par Christophe Djafar Mis à jour le 10 février 2026 6 min. de lecture
En résumé
  • Le règlement européen du contrôle technique, qui date de 2014, fait l’objet d’une révision proposée par la Commission européenne en avril 2025.
  • De nouveaux contrôles sur les émissions d’oxydes d’azote et de particules fines pourraient obliger les centres à s’équiper d’appareils spécialisés.
  • Les aides à la conduite et les composants électriques des véhicules récents seraient désormais vérifiés lors du passage au contrôle technique.
  • Les autorités souhaitent harmoniser les règles entre pays membres et relier les campagnes de rappel constructeur au contrôle technique.
controle technique atuo

Un règlement européen en pleine révision

Le cadre réglementaire qui régit le contrôle technique automobile au sein de l’Union européenne remonte à 2014. Autant dire qu’à l’échelle de l’industrie automobile, cela commence à dater un peu. Les véhicules ont considérablement évolué depuis, avec l’essor des motorisations électriques, des systèmes d’aide à la conduite et des normes environnementales toujours plus strictes. Le règlement, lui, n’avait pas suivi le rythme.

C’est pourquoi, en avril 2025, la Commission européenne a proposé une révision de ce texte, en y intégrant plusieurs modifications significatives. Cette démarche n’est pas restée lettre morte : très récemment, la Commission, le Conseil européen et les différents ministres des transports des États membres se sont réunis pour discuter ensemble des ajustements à apporter. L’objectif est clair, il s’agit d’adapter le contrôle technique aux réalités des véhicules actuels et de renforcer la sécurité sur les routes européennes.

Cette concertation à plusieurs niveaux montre que le sujet est pris au sérieux par l’ensemble des institutions. Les échanges portent sur des points très concrets qui pourraient modifier la façon dont se déroule votre prochain passage au centre de contrôle technique. Regardons cela de plus près.

Des contrôles renforcés sur les émissions polluantes

Parmi les évolutions envisagées, le volet environnemental occupe une place de choix. Les autorités européennes souhaitent instaurer de nouveaux contrôles portant sur les émissions à l’échappement, et plus précisément sur les rejets d’oxydes d’azote et de particules fines. Jusqu’à présent, les méthodes utilisées lors du contrôle technique ne permettaient pas de vérifier efficacement ces données sur les véhicules les plus récents.

La Commission européenne reconnaît d’ailleurs que “les méthodes de contrôle actuelles pour les émissions à l’échappement ne sont pas adaptées aux véhicules et technologies plus récents”. L’idée serait donc d’introduire, par exemple, la mesure du nombre de particules émises par un véhicule. Le Conseil européen semble favorable à cette orientation.

Cependant, cette mesure pose une question pratique de taille : si elle venait à être adoptée, les centres de contrôle technique devraient s’équiper d’appareils spécialisés pour réaliser ces nouvelles analyses. Un investissement conséquent qui pourrait prendre du temps à se mettre en place. Pour vous, en tant qu’automobiliste, cela signifie que votre véhicule pourrait à terme être soumis à des vérifications plus poussées sur ses émissions polluantes.

Voici un récapitulatif des principaux changements envisagés sur le volet émissions :

  • Contrôle des rejets d’oxydes d’azote lors du passage au centre
  • Mesure du nombre de particules fines émises à l’échappement
  • Adaptation des méthodes de contrôle aux motorisations récentes
  • Obligation pour les centres de s’équiper d’appareils de mesure dédiés

Les aides à la conduite dans le viseur

L’autre grand axe de cette révision concerne les aides à la conduite. Depuis quelques années, les véhicules neufs embarquent de nombreux systèmes électroniques rendus obligatoires pour améliorer la sécurité routière : freinage d’urgence autonome, alerte de franchissement de ligne, régulateur de vitesse intelligent, et bien d’autres encore. Ces technologies sont formidables quand elles fonctionnent correctement, mais un dysfonctionnement peut avoir des conséquences graves et provoquer un accident.

La Commission européenne l’a bien compris et estime que “ces nouveaux systèmes électroniques devraient donc être inclus dans les contrôles périodiques et routiers”. Concrètement, lors de votre contrôle technique, le bon fonctionnement de ces aides pourrait être vérifié, au même titre que vos freins ou vos phares.

La Commission souhaite également s’intéresser de près aux composants électriques des véhicules. Avec la montée en puissance des voitures électriques et hybrides, des contrôles visuels obligatoires pourraient être instaurés sur plusieurs éléments :

  • La batterie de traction du véhicule
  • Les câbles haute tension
  • La prise de recharge

Ces vérifications viendraient compléter les points de contrôle existants et permettraient de s’assurer que les véhicules électrifiés circulant sur nos routes ne présentent pas de risque lié à leur système électrique.

Vers une harmonisation européenne du contrôle technique

Au-delà des nouveaux points de contrôle, les discussions portent aussi sur une harmonisation des modalités du contrôle technique entre les différents pays membres de l’Union européenne. Aujourd’hui, les règles peuvent varier d’un pays à l’autre, que ce soit sur la durée de validité du contrôle ou sur les informations partagées entre les États.

Le Conseil européen pousse également pour créer un lien direct entre les campagnes de rappel de véhicules et les contrôles techniques. L’idée est simple mais redoutablement efficace : si votre voiture fait l’objet d’un rappel constructeur, par exemple pour un défaut sur un équipement de sécurité, cette information serait intégrée dans le processus de contrôle technique. L’organisme cite notamment le cas des airbags Takata, un rappel massif qui a concerné des millions de véhicules à travers le monde, pour illustrer la pertinence de cette mesure.

Le tableau ci-dessous résume les grands axes de cette révision :

Domaine concernéÉvolution envisagée
Émissions polluantesNouveaux contrôles sur les oxydes d’azote et les particules fines
Aides à la conduiteVérification du bon fonctionnement des systèmes électroniques obligatoires
Composants électriquesContrôles visuels sur batterie, câbles et prise de recharge
Rappels constructeursLien entre campagnes de rappel et contrôle technique
HarmonisationUniformisation des modalités entre les pays membres

Un calendrier encore à définir

Si les grandes lignes semblent se dessiner, le texte final doit encore faire l’objet de discussions et de négociations entre le Conseil et le Parlement européen. Les modalités précises, le calendrier de mise en œuvre et les éventuelles périodes de transition restent à déterminer. Ce processus législatif européen peut prendre du temps, et il faudra suivre les prochaines étapes avec attention pour savoir exactement quand et comment ces mesures s’appliqueront dans votre centre de contrôle technique habituel. Affaire à suivre, donc.

Cet article a été rédigé à titre purement informatif. Les garanties et situations décrites sont susceptibles de ne pas être incluses dans l’offre d’assurance Leocare. Pour en savoir plus sur nos produits d’assurance, nous vous invitons à consulter le détail de nos offres.

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