Examen du permis : vers la fin des fautes éliminatoires en 2026 ?
Avec un taux de réussite qui stagne sous la barre des 60 % depuis une décennie, l’examen du permis de conduire pourrait connaître un virage majeur d’ici fin 2026. Un groupe de travail planche actuellement sur une refonte des fautes éliminatoires, ce qui suscite autant d’espoir chez les candidats que d’inquiétude chez les professionnels de la route. L’assurance auto Leocare décrypte la réforme qui fait déjà couler beaucoup d’encre.
- Le taux de réussite au permis B stagne à 58,32 % et 93 % des échecs proviennent d’au moins une faute éliminatoire
- Un groupe de travail étudie la suppression de certaines fautes éliminatoires ajoutées par la France au-delà de la directive européenne
- La filière manque d’inspecteurs avec seulement 1 200 agents pour gérer 1,8 million d’examens chaque année
- La réforme pourrait aboutir d’ici fin 2026 mais aucune décision officielle n’a encore été prise à ce jour
Le permis de conduire en France : un examen qui patine
Le permis B, c’est un peu le marathon que personne n’a envie de courir deux fois. Et pourtant, en 2025, le taux de réussite plafonne à 58,32 %. Plus de 4 candidats sur 10 repartent donc bredouilles.
Seuls 59,4 % des candidats décrochent leur permis dès le premier passage. Chaque échec vient regonfler la file d’attente dans un système déjà saturé, créant un cercle vicieux difficile à briser.
Une filière sous haute tension
Le problème ne vient pas que des candidats. Entre le manque d’inspecteurs et un financement qui se complique, la filière accumule les difficultés. Petit tour d’horizon.
Des inspecteurs en nombre insuffisant
En 2024, 1,8 million d’examens ont été organisés pour seulement 1 200 inspecteurs. Cela représente environ 1 500 examens par agent et par an, un rythme qui laisse peu de marge.
Des recrutements ont été annoncés pour tenter de combler le déficit :
| Année | Postes recrutés |
|---|---|
| 2024 | 88 |
| 2025 | 108 |
| 2026 | 10 |
Avec 206 recrutements sur 3 ans, la filière reste largement sous-dimensionnée face à la demande.
Le CPF ne finance plus le permis
Le Conseil constitutionnel a validé le 19 février 2026 la fin du financement du permis par le CPF. Pour les candidats qui échouent, la note grimpe encore entre heures supplémentaires et frais de représentation. Un contexte qui rend la question du taux de réussite encore plus brûlante.
93 % des échecs liés à une faute éliminatoire
Voilà le chiffre qui a mis le feu aux poudres. 93 % des candidats recalés le sont à cause d’au moins une faute éliminatoire. Ce n’est donc pas un manque global de compétences qui provoque l’échec, mais un geste sanctionné d’un recalage automatique.
C’est ce constat qui a poussé la sous-direction de l’éducation routière à lancer un groupe de travail. L’objectif : réévaluer ce qui constitue une faute rédhibitoire lors de l’examen pratique du permis B.
Quelles fautes pourraient ne plus être éliminatoires ?
Le groupe de travail s’intéresse à la fois aux règles actuelles et aux marges offertes par le cadre européen. La France applique des critères plus stricts que ce qu’exige la directive européenne, et c’est là que se situe la marge de manœuvre.
Ce que dit la réglementation actuelle
Après l’arrêté de 2010, plusieurs infractions ont été ajoutées au niveau national. Aujourd’hui, ces fautes entraînent un échec automatique, même sans danger réel :
- Franchissement d’une ligne continue
- Stop mal marqué
- Engagement dans un sens interdit
- Non-respect d’un feu rouge
- Excès de vitesse pendant l’examen
Franchir une ligne blanche sur une route déserte a le même poids qu’en pleine heure de pointe. Le système ne fait aucune distinction.
Les pistes de réforme envisagées
Plusieurs scénarios sont sur la table. Rien n’est acté, mais les orientations donnent une idée de la direction envisagée :
- Supprimer certaines fautes éliminatoires ajoutées au niveau national pour revenir au socle européen
- Réaligner la définition sur la notion de danger immédiat prévue par la directive
- Valider l’examen sur un score global de 20 compétences sur 31, même en cas de faute isolée
Dans ce dernier scénario, franchir une ligne blanche sans créer de danger ne serait plus automatiquement éliminatoire. La faute serait comptabilisée, mais ne suffirait plus à tout annuler.
Le vrai débat : exigence ou gestion des flux ?
Cette réforme touche un point sensible : la finalité même de l’examen. Faut-il assouplir les critères pour fluidifier le système, ou maintenir un haut niveau d’exigence au nom de la sécurité ? Les avis divergent fortement.
Une réforme qui divise la profession
Du côté des inspecteurs, beaucoup s’inquiètent du message envoyé aux jeunes conducteurs. Abaisser le niveau d’exigence pourrait fragiliser la valeur du permis et influencer le comportement au volant.
D’un autre côté, le manque de places d’examen crée des délais de plusieurs mois dans certaines régions. Le système actuel pénalise lourdement les candidats, surtout les plus modestes.
Derrière la pédagogie, la réalité budgétaire
Chaque échec a un coût concret. Voici ce que provoque un recalage :
- Des heures de conduite supplémentaires à financer
- Un délai d’attente allongé pour une nouvelle date
- Une pression accrue sur les centres d’examen saturés
Plus il y a d’échecs, plus les délais s’allongent, et plus les candidats risquent d’échouer à nouveau. La vraie question reste posée : résout-on un problème structurel en baissant la barre ?
Un calendrier encore incertain
Cette réforme n’en est qu’au stade préliminaire. Aucune décision n’a été prise et les consultations sont en cours. Une mise en application pourrait intervenir d’ici fin 2026, mais le processus devra passer par plusieurs étapes :
- Finalisation des travaux du groupe de travail
- Consultation des organisations professionnelles
- Rédaction d’un nouvel arrêté
- Publication au Journal officiel
D’ici là, les règles actuelles restent pleinement en vigueur. Chaque faute éliminatoire entraîne toujours un échec automatique.
Cet article a été rédigé à titre purement informatif. Les garanties et situations décrites sont susceptibles de ne pas être incluses dans l’offre d’assurance Leocare. Pour en savoir plus sur nos produits d’assurance, nous vous invitons à consulter le détail de nos offres.
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