Vous roulez sur une route de campagne, et soudain, plus de ligne centrale. À la place, deux larges bandes de chaque côté. Vous vous demandez : “Où suis-je censé rouler ?” Bienvenue sur un chaucidou ! Ce terme étrange cache en réalité une solution astucieuse pour partager la route entre automobilistes et cyclistes.
Un aménagement pensé pour tous
Le chaucidou, ou chaussée à voie centrale banalisée (CVCB), est conçu pour améliorer la cohabitation entre voitures, vélos et piétons sur des routes étroites. Concrètement, il se compose d’une voie centrale unique pour la circulation des véhicules motorisés et de deux bandes latérales pour les cyclistes et piétons.
L’absence de ligne médiane pousse les conducteurs à adapter leur comportement. Lorsque deux véhicules se croisent, ils doivent se déporter légèrement sur les côtés, à condition que la bande latérale soit libre. En présence d’un cycliste, l’automobiliste doit attendre avant de dépasser pour assurer la sécurité de tous.
Origine du terme “chaucidou”
Le mot “chaucidou” est une contraction de “chaussée” et “doux”, faisant référence aux circulations douces comme le vélo et la marche. Ce concept, initialement développé en Suisse, vise à favoriser la cohabitation harmonieuse entre les différents usagers de la route.

Pourquoi ce choix d’aménagement ?
Les routes ne sont pas extensibles, surtout dans les zones rurales ou périurbaines. Plutôt que d’élargir les chaussées, ce système optimise l’existant en offrant plus de place aux usagers vulnérables. Cela permet de :
- Réduire la vitesse des véhicules motorisés sans imposer de ralentisseurs.
- Encourager les déplacements à vélo en garantissant un espace dédié.
- Améliorer la sécurité en évitant les dépassements dangereux.
Autre avantage, il s’adapte aux contraintes locales sans nécessiter d’importants travaux. Un simple marquage au sol suffit pour transformer une route classique en chaucidou.
Comment rouler sur un chaucidou ?
Si vous êtes en voiture, vous devez rester sur la voie centrale tant que personne n’arrive en face. Si un autre véhicule approche, chacun doit se décaler légèrement en veillant à ne pas gêner un cycliste ou un piéton. La prudence est donc de mise.
À vélo, vous avez le droit d’utiliser les bandes latérales. Cependant, ce ne sont pas des pistes cyclables à proprement parler. Un automobiliste peut être amené à empiéter dessus pour croiser un autre véhicule. Le principe est simple : chacun doit respecter les autres et adapter sa conduite.
Un dispositif qui fait ses preuves
De nombreuses communes ont déjà adopté ce modèle, avec des résultats encourageants. En Essonne, un chaucidou a été aménagé sur le pont de la RD131, une zone où la cohabitation entre voitures et vélos posait problème. Après quelques mois d’expérimentation, les autorités ont constaté une baisse de la vitesse moyenne des véhicules et une amélioration du confort des cyclistes.
Le Cerema, organisme expert en infrastructures, a étudié plusieurs installations similaires. Résultat : ces voies sont efficaces pour sécuriser les déplacements à vélo, à condition que les automobilistes jouent le jeu. La communication et la signalisation sont donc essentielles pour que tous comprennent comment les utiliser correctement.

Les limites du chaucidou
Même si cette solution présente de nombreux avantages, elle n’est pas adaptée partout. Elle fonctionne bien sur des axes où le trafic est modéré, mais peut devenir problématique sur des routes très fréquentées. De plus, le stationnement sur les bandes latérales compromet complètement son efficacité en forçant les cyclistes à se rabattre sur la voie centrale.
Enfin, l’adoption d’un chaucidou nécessite une phase d’adaptation. Certains conducteurs, peu habitués à ce type d’aménagement, peuvent être déroutés au début. D’où l’importance d’une signalisation claire et de campagnes d’information.
Un pas vers une route plus partagée
Le chaucidou s’inscrit dans une démarche plus large visant à rendre la route plus inclusive. Il encourage une conduite plus respectueuse et responsabilise chaque usager. Avec le développement des mobilités douces, ce type d’aménagement pourrait bien se multiplier.
Alors, la prochaine fois que vous croiserez un chaucidou, vous saurez exactement comment l’aborder. Et qui sait, peut-être qu’un jour, vous troquerez la voiture contre le vélo pour profiter pleinement de ces voies repensées !
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