Le bruit des voitures électriques dans le viseur des autorités européennes

Les voitures électriques sont souvent associées au silence, mais la question du bruit revient sur le devant de la scène. Entre plaisir de conduite, sécurité des piétons et enjeux de santé publique, le débat s’intensifie en Europe. Même les modèles zéro émission pourraient bientôt devoir limiter certains sons artificiels.

Mis à jour le 27 février 2026 5 min. de lecture
Résumé
  • Les voitures électriques, réputées silencieuses, intègrent parfois des sons artificiels pour recréer des sensations proches des moteurs thermiques et répondre aux attentes de certains conducteurs attachés au plaisir auditif.
  • Depuis 2019, le système AVAS est obligatoire en Europe afin d’alerter piétons et cyclistes à basse vitesse et de compenser l’absence de bruit naturel du moteur électrique.
  • Le système ESES, qui diffuse un son moteur à l’extérieur via un haut-parleur, fait débat au niveau européen en raison des enjeux liés au bruit et à la santé publique.
  • Un compromis pourrait autoriser ces sons extérieurs s’ils sont désactivés par défaut, obligeant le conducteur à les activer manuellement à chaque démarrage.
femme recharge voiture electrique

Pourquoi les voitures électriques font du bruit

Le silence d’une voiture électrique intrigue autant qu’il divise. Si l’absence de moteur thermique supprime les grondements habituels, elle ne met pas fin au débat sur le bruit automobile. Les constructeurs ont donc développé différentes solutions sonores pour répondre aux attentes des conducteurs.

Le bruit, un élément du plaisir de conduite

Pour de nombreux automobilistes, le son participe à l’expérience au volant. Le rugissement d’un moteur a longtemps été associé à la performance et aux sensations. Avec l’électrification, cette dimension auditive disparaît naturellement.

Certains modèles électriques intègrent ainsi des sons de synthèse à l’intérieur de l’habitacle. Ces dispositifs peuvent même simuler des passages de rapports ou des montées en régime pour recréer des sensations proches d’un moteur thermique. L’objectif est clair : conserver une part d’émotion malgré le changement de technologie.

Les systèmes de sonorisation extérieure comme l’ESES

Au-delà de l’habitacle, certains constructeurs proposent un système d’amélioration sonore extérieure, appelé ESES. Concrètement, un haut-parleur placé sous la voiture diffuse un son imitant celui d’un moteur vers l’extérieur. Cette technologie vise à redonner une identité sonore aux modèles électriques, notamment les versions à vocation sportive.

L’autorisation de ce type de dispositif fait actuellement l’objet de discussions au sein de la Commission économique des Nations unies pour l’Europe. La question posée est simple : faut-il permettre à des voitures électriques d’émettre volontairement plus de bruit qu’elles n’en produisent naturellement ?

Sécurité et santé publique au cœur des décisions

Le débat ne se limite pas au plaisir de conduite. Les enjeux de sécurité et de santé publique occupent une place centrale dans les échanges entre États et industriels. Les règles déjà en vigueur montrent que le sujet du bruit est pris très au sérieux.

L’AVAS, un son obligatoire pour protéger les piétons

Depuis 2019, les voitures électriques vendues en Europe doivent être équipées du système AVAS. Ce dispositif sonore a pour but d’alerter les piétons et les cyclistes de l’arrivée d’un véhicule à basse vitesse. Il fonctionne jusqu’à 20 à 30 km/h selon les marchés.

Au-delà de cette vitesse, le bruit des pneus est jugé suffisant pour signaler la présence du véhicule. L’AVAS ne cherche pas à créer une ambiance sportive, mais à éviter les accidents en milieu urbain. Son utilité n’est pas remise en cause dans les discussions actuelles.

Le bruit routier, un enjeu sanitaire majeur

Plusieurs pays européens estiment que multiplier les sons artificiels irait à l’encontre des objectifs de réduction du bruit. L’Union européenne vise une baisse de 30 % du nombre de personnes affectées par le bruit routier d’ici 2030. Cet objectif s’inscrit dans une stratégie globale d’amélioration de la qualité de vie.

Selon l’Agence européenne pour l’environnement, le bruit serait à l’origine de 660 000 cas de mortalité prématurée par an en Europe. Les nuisances sonores sont associées à des troubles de l’audition, du sommeil, du système endocrinien et du système cardiovasculaire. Dans ce contexte, certains États défendent l’interdiction pure et simple de l’ESES.

La France, les Pays-Bas et la Suisse figurent parmi les pays opposés à ces dispositifs. La France a même engagé une politique de “chasse au bruit”, avec le développement de radars sonores dont la mise en service reste attendue. L’idée est de réduire les nuisances en zone urbaine plutôt que d’en créer de nouvelles.

Vers un compromis sur le bruit des électriques

Face à ces positions divergentes, un compromis semble se dessiner. Rien n’est encore acté, mais une solution intermédiaire pourrait satisfaire à la fois les industriels et les défenseurs de la santé publique. Le principe serait d’encadrer strictement l’usage des systèmes ESES.

Une activation manuelle et non automatique

Le texte à l’étude autoriserait les systèmes ESES à condition qu’ils soient désactivés par défaut. La voiture serait donc silencieuse à chaque démarrage, sauf si le conducteur choisit d’activer manuellement le dispositif. Cette activation devrait être renouvelée à chaque trajet.

Ce fonctionnement contraste avec celui de certaines aides à la conduite imposées par la norme GSR 2. Ces aides sont activées automatiquement à chaque démarrage, même si certains conducteurs les jugent intrusives et les désactivent régulièrement. Sur la question du bruit, la logique pourrait donc être inversée.

Ce que cela change pour les conducteurs

Pour un automobiliste novice, ces évolutions peuvent sembler techniques. Dans les faits, elles influencent surtout l’expérience sonore autour du véhicule, pas ses performances ni sa sécurité de base. L’AVAS resterait obligatoire pour protéger les usagers vulnérables.

Voici les principaux dispositifs concernés :

  • AVAS : alerte sonore obligatoire à basse vitesse
  • ESES : son extérieur optionnel imitant un moteur
  • GSR 2 : ensemble d’aides à la conduite activées par défaut

Le débat montre que le bruit automobile n’est plus seulement une affaire de passionnés, mais un sujet de société. Entre transition énergétique, qualité de vie en ville et attentes des conducteurs, la voiture électrique continue de faire parler d’elle, parfois plus qu’on ne l’imaginait.

Cet article a été rédigé à titre purement informatif. Les garanties et situations décrites sont susceptibles de ne pas être incluses dans l’offre d’assurance Leocare. Pour en savoir plus sur nos produits d’assurance, nous vous invitons à consulter le détail de nos offres.

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